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     Il était tard et je reposais dans le lit sur le point de m'endormir. Ma femme avait déjà sombré dans le sommeil.

     L'état se développa dans ma tête puis gagna l'ensemble de mon corps. Je sentis bientôt une sorte de pression contre mon épaule. Curieux, je tendis la main pour découvrir ce qui me poussait ainsi. Elle rencontra un mur lisse. Je déplaçai ma main sur sa surface uniformément lisse et ininterrompue.

     
    Mes sens parfaitement en alerte, je m’efforçai de scruter l'obscurité. Il s'agissait d'un mur et j'étais couché, mon épaule pressant contre celui-ci. Je songeai aussitôt que je m'étais endormi et que j'étais tombé de mon lit. (...)

     
    Je regardai de plus près. Quelque chose clochait. Ce mur n'avait pas de fenêtre, aucun meuble n'y était appuyé aucune porte ne s'y ouvrait. Ce n'était pas un mur de ma chambre. Pourtant il m'était familier. Je l'identifiai aussitôt. Il ne s'agissait pas d'un mur mais du plafond. Je flottais près du plafond, le cognant légèrement à chaque mouvement. Je roulai dans l'air, sidéré et je regardai vers le bas.

     Au-dessous de moi, dans l'obscurité, j’aperçus le lit. Deux personnes y reposaient. A droit je distinguais ma femme. A ses côtés un homme. Tous deux étaient endormis.
     

    Quel étrange rêve, songeai-je. J'étais intrigué. Quel était cet homme que j'imaginais allongé aux coté de ma femme. Je l'observai plus attentivement et le choc fut brutal.

     
    L'homme n'était autre que moi !

     
    Ma réaction fut presque instantanée. J'étais ici, mon corps était là.

    Désespérément, tel un plongeur, je me précipitai vers mon corps et le réintégrai. Je sentis aussitôt le lit et les couvertures et lorsque j'ouvris les yeux, j’aperçus la chambre vue du lit.

      Mon coeur battait la chamade, mais pas de manière excessive compte tenu de la situation. Je bougeai bras et jambe. Tous paraissait normal. Les vibrations avaient cessé. Je me levai et marchai à travers la chambre, je regardai par la fenêtre et fumai une cigarette.
    Il se passa u long moment avant je ne ne trouve le courage de regagner mon lit, de m'y étendre et d'essayer de trouver le sommeil. (...)

     

    Robert Allan Monroe (1915–1995)

     

     

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